20/12/09

La petite fille aux allumettes, par Hans Christian Andersen

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La Petite Fille aux allumettes (Den Lille Pige Med Svovlstikkerne en danois) est un conte écrit par Hans Christian Andersen et publié la première fois le 18 novembre 1845 dans le cinquième volume de ses Contes (Nye Eventyr). En cette période de fêtes, de grand froid et d'appels à la solidarité, cette histoire tragique reste d'actualité...
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Comme il faisait froid ! la neige tombait et la nuit n’était pas loin ; c’était le dernier soir de l’année, la veille du jour de l’an. Au milieu de ce froid et de cette obscurité, une pauvre petite fille passa dans la rue, la tête et les pieds nus. Elle avait, il est vrai, des pantoufles en quittant la maison, mais elles ne lui avaient pas servi longtemps : c’étaient de grandes pantoufles que sa mère avait déjà usées, si grandes que la petite les perdit en se pressant de traverser la rue entre deux voitures. L’une fut réellement perdue ; quant à l’autre, un gamin l’emporta avec l’intention d’en faire un berceau pour son petit enfant, quand le ciel lui en donnerait un.
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La petite fille cheminait avec ses petits pieds nus, qui étaient rouges et bleus de froid ; elle avait dans son vieux tablier une grande quantité d’allumettes, et elle portait à la main un paquet. C’était pour elle une mauvaise journée ; pas d’acheteurs, donc pas le moindre sou. Elle avait bien faim et bien froid, bien misérable mine. Pauvre petite ! Les flocons de neige tombaient dans ses longs cheveux blonds, si gentiment bouclés autour de son cou ; mais songeait-elle seulement à ses cheveux bouclés? Les lumières brillaient aux fenêtres, le fumet des rôtis s’exhalait dans la rue ; c’était la veille du jour de l’an : voilà à quoi elle songeait.
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Elle s’assit et s’affaissa sur elle-même dans un coin, entre deux maisons. Le froid la saisit de plus en plus, mais elle n’osait pas retourner chez elle : elle rapportait ses allumettes, et pas la* plus petite pièce de monnaie. Son père la battrait ; et, du reste, chez elle, est-ce qu’il ne faisait pas froid aussi? Ils logeaient sous le toit, et le vent soufflait au travers, quoique les plus grandes fentes eussent été bouchées avec de la paille et des chiffons. Ses petites mains étaient presque mortes de froid. Hélas ! qu’une petite allumette leur ferait du bien ! Si elle osait en tirer une seule du paquet, la frotter sur le mur et réchauffer ses doigts ! Elle en tira une : ritch ! comme elle éclata ! comme elle brûla ! C’était une flamme chaude et claire comme une petite chandelle, quand elle la couvrit de sa main. Quelle lumière bizarre ! Il semblait à la petite fille qu’elle était assise devant un grand poêle de fer orné de boules et surmonté d’un couvercle en cuivre luisant.

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Le feu y brûlait si magnifique, il chauffait si bien ! Mais qu’y a-t-il donc ! La petite étendait déjà ses pieds pour les chauffer aussi ; la flamme s’éteignit, le poêle disparut : elle était assise, un petit bout de l’allumette brûlée à la main.
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Elle en frotta une seconde, qui brûla, qui brilla, et, là où la lueur tomba sur le mur, il devint transparent comme une gaze. La petite pouvait voir jusque dans une chambre où la table était couverte d’une nappe blanche, éblouissante de fines porcelaines, et sur laquelle une oie rôtie, farcie de pruneaux et de pommes, fumait avec un parfum délicieux. Ô surprise ! ô bonheur ! Tout à coup l’oie sauta de son plat et roula sur le plancher, la fourchette et le couteau dans le dos, jusqu’à la pauvre fille. L’allumette s’éteignit : elle n’avait devant elle que le mur épais et froid.
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En voilà une troisième allumée. Aussitôt elle se vit assise sous un magnifique arbre de Noël ; il était plus riche et plus grand encore que celui qu’elle avait vu, à la Noël dernière, à travers la porte vitrée, chez le riche marchand. Mille chandelles brûlaient sur les branches vertes, et des images de toutes couleurs, comme celles qui ornent les fenêtres des magasins, semblaient lui sourire. La petite éleva les deux mains : l’allumette s’éteignit ; toutes les chandelles de Noël montaient, montaient, et elle s’aperçut alors que ce n’était que les étoiles. Une d’elle tomba et traça une longue raie de feu dans le ciel.
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« C’est quelqu’un qui meurt, » se dit la petite ; car sa vieille grand’mère, qui seule avait été bonne pour elle, mais qui n’était plus, lui répétait souvent : « Lorsqu’une étoile tombe, c’est qu’une âme monte à Dieu. »
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Elle frotta encore une allumette sur le mur : il se fit une grande lumière au milieu de laquelle était la grand’mère debout, avec un air si doux, si radieux !
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« Grand’mère s’écria la petite, emmène-moi. Lorsque l’allumette s’éteindra, je sais que tu n’y seras plus. Tu disparaîtras comme le poêle de fer, comme l’oie rôtie, comme le bel arbre de Noël. »
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Elle frotta promptement le reste du paquet, car elle tenait à garder sa grand’mère, et les allumettes répandirent un éclat plus vif que celui du jour. Jamais la grand’mère n’avait été si grande ni si belle. Elle prit la petite fille sur son bras, et toutes les deux s’envolèrent joyeuses au milieu de ce rayonnement, si haut, si haut, qu’il n’y avait plus ni froid, ni faim, ni angoisse ; elles étaient chez Dieu.
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Mais dans le coin, entre les deux maisons, était assise, quand vint la froide matinée, la petite fille, les joues toutes rouges, le sourire sur la bouche…. morte, morte de froid, le dernier soir de l’année. Le jour de l’an se leva sur le petit cadavre assis là avec les allumettes, dont un paquet avait été presque tout brûlé. « Elle a voulu se chauffer ! » dit quelqu’un. Tout le monde ignora les belles choses qu’elle avait vues, et au milieu de quelle splendeur elle était entrée avec sa vieille grand’mère dans la nouvelle année.
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Illustrations : Paul DURAND (1981)

08/12/09

Markus Raetz : métamorphoses

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Depuis plusieurs décennies, le suisse Markus Raetz réalise des installations, des photographies, des films et des objets qui tous ont pour point commun d’interroger et de déstabiliser notre regard.
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Chacune de ses pièces contredit ce qu’elle semble être.
Ainsi, un buste d'homme chapeauté (Beuys) se métamorphose en lièvre dès que l’on tourne autour. Un YES devient un NO, une bouteille devient un verre... et inversement !
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Les artistes-peintres transposent les 3 dimensions de la "réalité" sur les deux dimensions de leur support.
Mais Markus Raetz a la démarche inverse : ses sculptures sont ramenées à de simples silhouettes "plates" ; autrement dit, elles se métamorphosent si on projette leur espace (trois dimensions), sur des plans (deux dimensions) différents.
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Kiki de montparnasse, lièvre /buste de Beuys, bouteille / verre, yes / no
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Tête à l'endroit / à l'envers
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27/11/09

Photomanipulation : photos d'enfants (par Pixtree)

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Pixtree, c'est le pseudonyme de Fabrice Bourguignon, un artiste-photographe que j'ai récemment rencontré, qui pratique (entre autres) la photomanipulation : ses images numériques sont créées sur ordinateur, à partir de photographies réalisées avec du vrai matériel photographique.
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Avec l'infographie, la photomanipulation fait partie de la grande famille de l'art numérique (ou : art digital - digital art en anglais).

Le talent et sa sensibilité de Fabrice ne font aucun doute... En tant que papa, j'ai craqué pour ses images d'enfants, qui évoluent dans des paysages simples et familiers, mais pourtant sublimes.
J'ai immédiatement imaginé mes enfants dans les mêmes décors enchanteurs.

Mais ces charmantes images ne sont pas forcément représentatives du travail de Fabrice, dont les oeuvres sont souvent plus tourmentées. Je retiens notamment ses paysages et ses autoportraits, souvent saisissants.
Je vous invite à visiter la galerie de Fabrice, sur son site. Et si son travail vous intéresse, vous pourrez le contacter à cette adresse : fabricebourguignon@hotmail.fr.
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Cliquez sur les images pour les agrandir


Le paradis d'Eline (Pixtree)


Rêver l'été (Pixtree)


Raconte-moi nature (Pixtree)


Le jardin blanc (Pixtree)


Un monde de neige (Pixtree)


Elément du mensonge (autoportrait - Pixtree)
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Le site de Pixtree : http://pixtree.deviantart.com/
La galerie de Pixtree :
http://pixtree.deviantart.com/gallery
Contacter Pixtree :
fabricebourguignon@hotmail.fr

14/11/09

Pascal Parisot

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Imaginez un chanteur, hybride entre Pierre Perret et Bernard Lavilliers.
Humour cruel et ambiance rumba pour son nouvel album pour enfants "les pieds dans le plat", que mes enfants (5 et 8 ans) écoutent en boucle (ça va nous changer de Michael Jackson !).
Et moi aussi, ça me fait beaucoup rire !
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Une des chansons de cet album : "privé de dessert" (live)

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Sinon, Pascal Parisot a longtemps écrit des chansons pour adultes, tout aussi décalées. Voici une des mes préférées : l'hilarante chanson du "lapin nain" (live).

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Ca vous a plu, vous en voulez encore ?
Voici une vidéo avec des extraits de l'album "Les pieds dans le plat"


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Pour en savoir et en entendre davantage, je vous envoie ici et là :
http://www.myspace.com/lespiedsdansleplatpascalparisot
http://www.naive.fr/#/artist/pascal-parisot

08/11/09

Jupiter et Sémélé (Gustave Moreau)

« Je ne crois ni à ce que je touche, ni à ce que je vois.
Je ne crois qu'à ce que je ne vois pas et à ce que je sens. » (G. MOREAU)
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Gustave MOREAU - Jupiter et Sémélé (1895)
Huile sur toile (2120x1180 mm) - Musée Gustave Moreau (Paris)
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Voilà un de mes tableaux-cultes (depuis mes 20 ans), peint par Gustave Moreau, autoproclamé "ouvrier assembleur de rêves" et maître du mouvement symboliste. Son oeuvre fantasmagorique mélange souvent l'amour et la mort, le paganisme et le christianisme, les esthétiques occidentales et orientales.
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Il était une fois...
La princesse Sémélé était une des maîtresses du dieu Jupiter (Zeus), qui avait pris la forme d'un homme pour la séduire.
Mais par caprice, elle lui fit promettre de lui accorder une faveur et, quand celui-ci lui demanda quel était son désir, elle le pria de se montrer dans toute sa puissance. Jupiter dût s'exécuter, ce qui foudroya Sémélé, consumée par le feu divin.
Jupiter eut cependant le temps de retirer du corps de Sémélé, le fils qu'ils avaient conçu (Dionysos), avant de le cacher dans sa cuisse, jusqu'à sa "naissance", deux mois plus tard (d'où l'expression "sortir de la cuisse de Jupiter").
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"Au centre d'architectures aériennes, colossales, sans base ni faîtes, couvertes de végétations animées et frémissantes, flore sacrée se découpant sur les sombres azurs des voûtes étoilées, le Dieu tant de fois invoqué se manifeste dans sa splendeur encore voilée" (G. MOREAU).
Le style de Moreau était plus morbide et sensuel que celui, plus new-age, des autres peintres symbolistes. Et son exotisme évoquait l'Inde, quand la plupart des peintres orientalistes s'inspiraient du Maghreb. Quant à son univers mystique, il fut à contre-courant des "modernes" de son temps (impressionnistes et réalistes), qui s'attachaient à la réalité concrête et quotidienne.
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Les femmes de Gustave Moreau étaient toujours livides, d'une beauté froide et inaccessible. D'ailleurs, on ne lui connait aucune liaison amoureuse...
"Sémélé pénétrée des effluves divines, régénérée, purifiée par le sacre, meurt foudroyée et avec elle le génie de l'amour terrestre, le génie au pied de bouc " (G. MOREAU)


Quel métissage des cultures !
Jupiter a la peau mate et les habits d'un monarque indien. Et il tient une lyre, attribut du poète Orphée (légende grecque antique), qui a aussi perdu sa chérie tragiquement. Mais le visage de Jupiter est celui du Jésus-Christ des icones Byzantins (voir à gauche), avec même une auréole en forme de croix chrétienne.
D'ailleurs, au début de l'ère chrétienne, les Romains avaient assimilé Jésus au mystérieux Dionysos. D'après leur légende, tous les deux étaient issus d'un couple "mixte" (père-dieu et mère-mortelle). Ce qui ne les a pas empêché d'accéder à une entière divinité.
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Pan (au centre), l'Aigle de Jupiter et la Douleur (derrière lui), la Mort avec son glaive ensanglanté (à gauche).
"Au pied du trône, la Mort et la Douleur forment la base tragique de la Vie, et non loin d'elles, sous l'égide de l'aigle de Jupiter, le grand Pan, symbole de la terre, courbe son front attristé dans un regret d'esclavage et d'exil, tandis qu'à ses pieds s'entasse la sombre phalange des monstres de l'Erèbe et de la Nuit, des êtres non formés qui doivent attendre encore la vie de lumière, les êtres de l'ombre et du mystère, les indéchiffrables énigmes des ténèbres." (G. MOREAU)
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Les monstres de l'Erèbe


Les monstres de la Nuit (au centre, la Lune Noire Hécate ?)

Dans les dernières années de sa vie, en quête de spiritualité, Gustave Moreau superpose à cette scène mythologique païenne, une atmosphère de sanctuaire.
"Alors, sous cette incantation et cet exorcisme sacré, tout se transforme, s'épure, s'idéalise : l'immortalité commence, le divin se répand en tout et tous les êtres, ébauches encore informes, se dégagent de leur limon terrestre et aspirent à la vraie lumière […] C'est une ascension vers les sphères supérieures, une montée des êtres épurés, purifiés par le divin,- la mort terrestre et l'apothéose dans l'immortalité. Le grand mystère accompli, toute la nature est imprégnée d'idéal et de divin, tout se transforme. C'est un hymne à la divinité" (G. MOREAU)
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Voir ici une galerie de plein d'autres tableaux de Gustave Moreau.

Voir ici des photos du charmant Musée Gustave Moreau (qui fut sa maison-atelier).

07/11/09

Si... (par Rudyard Kipling)

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En l'honneur de mon fils adoré, pour ses cinq ans.
Et pour moi aussi, quand je m'égare...

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Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
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Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
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Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;


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Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
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Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

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Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

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Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdr
ont,

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Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

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Illustrations (cliquez dessus pour les agrandir) :
Anthonisz CORNELIS-L'effondrement de la Tour de Babel (1547) - Estampe - H 322 mm - Kupferstichkabinett (Berlin)
Gustave MOREAU-Andromède-Huile sur toile - Musée Gustave Moreau (Paris)
S. BOTTICELLI - La calomnie d'Apelle (v. 1494) - Détrempe sur panneau (62x91 cm) - Galleria degli Uffizi (Florence)
Gustave COURBET - La rencontre (1854) - Huile sur toile (129x149 cm) - Musée Fabre (Montpellier)
Carl SPITZWEG - La visite - 19e s.
Antoine-Louis BARYE - La Force (1854) - Gypse patiné (100x81 cm) - Musée d'Orsay (Paris)
Cornelis Claesz van WIERINGEN - La bataille de Gibraltar (v.1621)
Mon fils

05/11/09

Gravure en taille douce : la pointe sèche

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La taille-douce fait allusion à tous les procédés de gravure en creux : burin, pointe sèche, eau-forte, aquatinte, manière noire.

Le principe de la taille douce consiste à creuser un dessin dans une plaque de métal.
Pour imprimer le dessin, la plaque est enduite d'encre, puis essuyée pour qu'il ne reste de l'encre que dans les creux. Puis on place sur la plaque une feuille de papier humidifiée, avant de passer le tout sous le cylindre d'une presse à gravure. L'encre, sous l'effet de la pression et par capillarité, va se transférer des entailles sur le papier.
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Pablo PICASSO - La patronne faiseuse d'anges avec trois filles, 1er état (1971)
Grattoir, pointe sèche - 367x495 mm - Musée Picasso - Paris
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La pointe sèche est un procédé direct de gravure, où l'artiste attaque le cuivre avec une pointe d'acier qu'il tient comme un crayon.
En grattant le métal, la pointe laisse sur les bords du trait des "barbes" de métal, qui retiennent l'encre et donnent un aspect velouté à l'impression.
Mais la pointe sèche entame moins profondément le cuivre que le burin ou l'eau-forte et la plaque s'use vite ; elle ne peut donner qu'une trentaine d'épreuves (on dit "états").

Voici une petite vidéo de démonstration :


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Et voici quelques exemples qui montrent la richesse du procédé.
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Albrecht DURER - La sainte famille avec Saint Jean, Madeleine et Nicodeme (v. 1512)
Pointe sèche - 216x190 mm - Staatliche Museen (Berlin)
A l'époque de Durer, le procédé de la pointe sèche est peu courant, car pas assez "rentable" : l'oeuvre est longue à graver et n'autorise que peu de tirages. C'est pourquoi on lui préfère la technique du burin, plus "technique" mais plus fiable dans le temps (article à suivre).
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Auguste RODIN - Victor Hugo vu de trois-quarts (1885)
Pointe sèche - 229x178 mm - Metropolitan Museum of Arts (New York)
Par contre, ce procédé devient intéressant pour les oeuvres de style "spontané", rapides à graver. On obtient un résultat proche du fusain, qu'on peut reproduire plusieurs fois. De plus, aucun tirage n'est réellement identique : selon l'intensité de l'essuyage ou la pression de la presse, l'état sera plus ou moins foncé et contrasté.
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KANDINSKY - Gravure n°III - 1916 - Pointe sèche - 135x161 mm - Musée National d Art Moderne - Paris
Cette oeuvre montre bien le parti qu'on peut tirer de la pointe sèche, avec la sensualité de son trait charbonneux.
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A suivre, d'autre articles sur la gravure : au burin, à l'acide ("eau-forte"), ... mais aussi sur bois (avec notamment les estampes japonaises).
Par Thierry Doukhan

04/11/09

Bach : toccata et fugue en ré mineur (BWV 565)

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La célébrissime Toccata et Fugue en Ré mineur BWV 565, interprétée par Hans-Andre Stamm.
Une vidéo qui a un double intérêt : la musique est très bien jouée et le musicien est très bien filmé ! 8 mn 30 s de Beauté abstraite et de virtuosité...

"S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu" (Emil-Michel Cioran)



Cliquez sur le petit rectangle surmonté d'une flèche, pour voir la vidéo en plein écran

02/11/09

Vanité du savoir

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A l'origine, le terme de vanité est utilisé dans la Bible, dans l'Ecclésiaste 1, 2 : « vanitas vanitatum et omnia vanitas » (vanité des vanités et tout est vanité).
C'est ainsi que la vanité est devenu terme désignant, dans le domaine pictural, une catégorie de nature morte symbolique qui vise à suggérer la futilité des plaisirs de l'homme et à lui rappeler sa finitude.
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Dans les tableaux de vanité, la mort est symbolisée par des squelettes (souvent un crâne humain) et le savoir par la présence de livres, d'une mappemonde, d'instruments de musique... Or le savoir est vain ; il fait partie de ce que Pascal appelle le divertissement, qui ne peut empêcher l'homme de mourir.
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En cette période maussade et pluvieuse, et en forme d'auto-dérision, j'ai choisi des images de personnages méditatifs, perdus dans de sombres et studieuses pensées.
Et en guise d'illustration musicale, je vous propose du Bach cafardeux...


Salvator ROSA - Democritus en méditation (v.1650)
Huile sur toile (344x214 cm) - Statens Museum for Kunst (Copenhagen)
J'adore ce tableau, que j'ai découvert par hasard. Il est d'apparence sobre mais il foisonne de détails : les ossements (humains et animaux, à gauche), les animaux naturalisés (rapace et tête de sanglier, à droite), le hibou (sur l'arbre, en haut), ... Cet homme médite, seul, dans une nature sauvage, comme dans les représentations classiques de Saint Jérôme.
A droite, une gravure sur le même thème, avec un dessin bien lisible (cliquez dessus pour l'agrandir) !
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G. de LA TOUR - Madeleine à la veilleuse (1640) - Huile sur toile (128x94 cm) - Musée du Louvre (Paris)


Nicolaes MAES - Vieille femme assoupie (1656)
Huile sur toile (135x105 cm) - Musées Royaux des Beaux-Arts (Bruxelles)


Gustave MOREAU - Fille de Thrace portant la tete d'Orphée (1864) - Aquarelle et gouache sur papier (215x135 mm)
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Albrecht DURER - Melencolia 1 (1514)
Gravure au burin (239x189 mm) - Kupferstichkabinett, Staatliche Kunsthalle (Karlsruhe)
Un monument de l'histoire de la gravure, beaucoup commenté : qui est cette femme boudeuse, entourée d'objets scientifiques, sur un fond de mer et de soleil noir ?
Voir les interprétations ici, et encore .

24/10/09

Crying freeman (volume 1)

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Les mangas c'est moche et stéréotypé ... sauf quand on tombe sur des perles, avec un dessin, une mise en page, un scénario, à faire pâlir de jalousie n'importe quel BD-iste occidental.
Crying Freeman fait partie de ces chefs-d'oeuvres, réalisé par Ryôichi Ikegami et Kazuo Koike... c'est beau comme une synthèse des meilleurs "comics" américains et des estampes japonaises.
Ce manga, assez ancien, n'est pas catalogué pornographique, mais plusieurs tomes contiennent de vrais passages torrides... notamment le tome 1, avec (à mon avis) la plus belle scène érotique de l'histoire de la BD.

Un potier japonais est kidnappé, drogué, puis utilisé comme tueur par une organisation mafieuse chinoise. Il est soumis à un rude entrainement au terme duquel un dragon est tatoué sur l'ensemble de son corps. Tueur au sang-froid hors pair, il refuse pourtant d'abattre une jeune femme ayant vu son visage et qui pourrait le compromettre en témoignant auprès de la police, à la recherche du "Freeman"... A chaque meurtre, le Crying Freeman ne peut s'empêcher de verser des larmes, d'où son surnom.

Voici l'extrait où le tueur Yo s'est introduit chez la belle Emu pour la tuer (car elle a été témoin d'un de ses meurtres). Elle est amoureuse de lui et lui demande, avant de mourir, de lui faire l'amour, car elle ne veut pas mourir vierge. Yo est vierge aussi et il vont tendrement s'unir, avant de former un couple inséparable.
N'en perdez pas une miette et cliquez sur chaque image pour l'agrandir.
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